Vanessa
A supposer que le réel soit un conte de fée, alors tous nous serions beaux, nous parlerions aux fleurs, aux papillons et aux chevreuils en langue elfique, nous gambaderions dans les rues et sautillerons dans les parcs publics à peine vêtus d'étoffes brodées d'or, les fontaines regorgeraient de princes charmants, les chaussées de citrouilles en forme de carrosses, attelés de rats en forme de chevaux qui bien sûr ne crotteraient pas, le peuple sourirait tout le temps (en fait il n'y aurait pas de peuple sauf de princes et de princesses qui se marieraient incessamment), le royaume unique donc sans ennemis et donc sans guerres serait saturé des nombreux enfants issus des nombreux mariages; et pourtant, par fidélité aux contes de fées, nous vivrions une tragédie perpétuelle et des déchirements de l'âme irraisonnés, que des potions magiques addictives atténueraient, et savourerions ainsi le bonheur en toute démesure, l'horreur!