Vanessa
A supposer que l'heure de la sieste approche, l'heure des rêves et rêveries en tout genre, l'heure des idées coquines et des pensées coquettes, l'heure de l'étirement des minutes et des bâillements des corps; il nous serait demandé de nous concentrer à faire surgir des idées, faire remonter des mots à la surface d'une page (une seule page, limitant l'écriture à ses quatre contours, A4 ou A5, selon notre bon vouloir), en caractères normaux sans démesure aucune, des mots réguliers sans pré- ou su- fixes non nécessaires, dans la contrainte d'une seule et même phrase, entrecoupée de respirations ou proférable d'un unique souffle, sans fin autre qu'un attendu point final qui peut-être n'arriverait pas; alors nous nous pencherions sur nos feuillets en rêvassant aux tours et détours d'une possible narration, nous étirant en adjectifs ou baillant aux corneilles, en attendant une inspiration qui, peut-être, enfin, viendrait.