Groupe de MB 16/07/2010

Publié le par les mille univers

A/ Il avait deux trous rouges au côté droit.

J/ Bricoleur, il était toujours couvert de blessures en tous genres

F/ Il s’était enfoncé deux clous dans le bras en essayant de barricader les fenêtres de la maison.

K/ Robuste, il souffrait rarement, mais, là, c’était différent…

D/ Les gouttes de douleurs suintait doucement.

L/ Et perlaient, tachant ses vêtements encore chauds de sommeil.

G/ La nuit avait été longue.

M/ Une nuit de tempête, une nuit apocalyptique :

C/ L’orage avait sorti les ruisseaux de leur lit,

N/ Le vent avait déraciné des arbres pourtant centenaires.

H/ A présent tout est calme, mais dévasté et les routes sont coupées.

O/ Je quitte tôt mon ami blessé pour traverser à pied la campagne et regagner ma ferme.

E/ L’aurore sanguinolente inonde tous les prés.

P/ Le paysage est triste ; je me sens découragé.

I/ J’aperçois la maison en haut de la colline, je n’ai plus qu’à traverser les champs pour l’atteindre.

Q/ Je rassemble mes forces pour éviter de sombrer dans l’herbe mouillée.

B/ J’arrive tout couvert encore de rosée.

 

A/ Il avait deux trous rouges au coté droit.

J/ La gueule grande ouverte et les yeux révulsés.

F/ Je ne savais pas encore ce qui avait blessé cette pauvre bête.

K/ La curée avait du être rude, l’animal, visiblement, s’était bien défendu.

D/ Cette saison de chasse s’avérait prometteuse : les bois regorgeraient de gibier.

L/ Le vicomte des beaux marais organisait chaque année un concours.

G/ Les braconniers, attirés par l’odeur du sang et de l’argent, plus que par la beauté du paysage, allaient sans doute envahir la forêt.

M/ Chasseurs et braconniers allaient se tirer la bourre.

C/ La campagne alentour frémissait sous le vent.

N/ Nous partîmes à douze tenter d’organiser la tuerie et de minimiser les dégâts.

H/ Chaque nouvelle excursion confirmait les raisons de mon nouvel engagement.

O/ Las de tant de sang versé inutilement,

E/ Membre du mouvement de protection de la faune, je me mis à l’affut à la sortie des marais.

P/ Je déployais dés l’aube toutes mes capacités de dissimulation.

I/ Après deux heures d’observation, alors que je distingue une silhouette courant furtivement vers une camionnette, je cours à la gendarmerie.

Q/ Essoufflé, épouvanté,

B/ J’arrive tout couvert encore de rosée.

 

A/ Il avait deux trous rouges au côté droit.

J/ L’émotion gagnait la foule.

F/ La rumeur enflait disant le mieux comme le pire.

K/ Le mieux était quand même minoritaire.

D/ Se suicider à son âge – et si mal ! – quelle hérésie !

L/ S’il s’était suicidé encore plus mal, il se serait raté,

G/ mais sa maladresse légendaire laissait perplexe.

M/ Et faire ça en rase campagne… il aurait pu blesser quelqu’un

C/ Il faut dire que son goût pour la nature l’avait entraîné à certains extrêmes,

N/ Extrêmes dont on ne voyait même pas l’objectif.

H/ Cueillir à foison œillets et coquelicots sans motif apparent.

O/ Au moins cette fois ci, ça servirait de gerbes funéraires.

E/ L’enterrement a lieu au petit matin au milieu d’un champ de maïs,

P/ Toujours pour respecter son goût de la nature.

I/ J’y arrivai dès l’aube, craignant d’être en retard.

Q/ Je courus aussi vite que je pus et je me mis à transpirer abondamment.

B/ J’arrive tout couvert encore de rosée.

 

A/ Il avait deux trous rouges au côté droit.

J/ Jusqu’à maintenant je n’en avais jamais vu des comme ça, si bien dessinés et surtout à cet endroit là.

F/ Ces trous inattendus laissaient perplexes.

K/ Quelle balle avait bien pu les faire ?

D/ Etait-ce encore la guerre ou tout simplement le désarroi ?

L/ Intrigué, je décidai de prendre mon temps pour les analyser.

G/ Compte tenu de la taille des blessures, ce devait plutôt être la guerre…

M/ Quelle vacherie! Envoyer un gamin si jeune! Et un poids plume avec ça !

C/ C’est ce dont je m’aperçois en le chargeant à l’aube sur mon dos pour le jeter à la fosse.

N/ Je n’aime pas ce métier de fossoyeur en temps de guerre.

H/ Je ne sais ce qui dégouline dans mon dos.

O/ Est-ce le sang qui s’échappe de ces deux maudits trous ou sont-ce ses larmes qui coulent encore ?

E/ La pluie fouettait par monts, par champs et par vallées

P/ depuis le début de la guerre.

I/ Où était l’heureux temps, celui de la paix et de l’été ?

Q/ Trêve de nostalgie. J’entends déjà le camion chargé de cadavres arriver, il fut que je me débarrasse de celui là et que je retourne au baraquement.

B/ J’arrive tout couvert encore de rosée.

 

A/ Il avait deux trous rouges au côté droit.

J/ Une jambe et un bras étaient arrachés.

F/ Deux hématomes lui cachaient le visage,

K/ quoique je ne sois pas sur qu’il s’agissait bien de son visage…

D/ Il gisait ce matin au milieu de la chaussée.

L/ Des passant pressés l’écrabouillaient au passage.

G/ Ses yeux semblaient injectés de sang sous les lourdes paupières.

M/ Je n’arrivais plus à distinguer les oreilles.

C/ Et sa peau semblait blanche sous les yeux étonnés.

N/ Je me penche encore pour y regarder de plus près.

H/ Un blessé? Je prends peur et passe mon chemin.

O/ C’est indécent ! Il pourrait aller mourir ailleurs !

E/Après avoir fait mon jogging matinal dans le parc d’à coté, je décide d’aller boire un café.

P/Je m’installe à la terrasse.

I/ Je transpire sans honte.

Q/ La serveuse, comme chaque jour, va penser que

B/ J’arrive tout couvert encore de rosée.

 

A/ Il avait deux trous rouges au côté droit,

J/ Des tâches de coups de râteau dans le dos et une carotte dans la bouche.

F/ Règlement de compte ou véritable meurtre ? Il faudrait que l’enquête le détermine.

K/ Entre les mottes de haricots on distinguait des empreintes profondes.

D/ L’assassin avait fui sans demander son reste.

L/ Loin sur les routes il devait toujours courir.

G/ Alentour cependant rien ne bougeait : les jardins des marais semblaient déserts à cette heure matinale.

M/ Mon attention était alors détournée par un petit garçon dont l’activité me rappela à mes obligations maraîchères.

C/Tandis que l’enfant jouait dangereusement avec le sécateur, j’arrosais consciencieusement les courgettes du potager.

N/ Cette histoire lugubre devait être enterrée, il fallait maintenant penser à l’avenir.

H/ Le printemps avait été parfait, les légumes prospéraient les fleurs coloraient l’ensemble et les fraises étaient prêtent à cueillir.

O/ J’arrivais à me convaincre de la beauté de la nature quand je vis l’enfant jouer à l’avaleur de sabre avec le râteau.

E/ « Attention tu vas te couper ! » dis-je.

P/ Il me fixe plante une carotte dans les dents de l’outil et s’approche de moi

I/ « Tu m’as fait peur! »

Q/ Murmure-je avant qu’il ne tente de m’agripper le cou –je m’enfuis à toute jambe trouver refuge chez moi.

B/ J’arrive tout couvert encore de rosée.

 

A/ Il avait deux trous rouges au côté droit

J/ Cet homme barbu un peu chauve qui était étendu sanglant dans ce trou de verdure.

F/ Une flaque de sang s’étendait jusqu’au châtaigner.

K/ Il était vraiment mal en point, un pistolet encore fumant près de lui.

D/ Il avait le souffle court, le regard vitreux et la bouche tordue de douleur.

L/ Son visage m’était vaguement familier bien que tout crispé.

G/ On aurait dit en le voyant un portrait de Picasso.

M/ Il a fallu que ça tombe sur moi, voilà bien ma veine.

C/ Je l’ai trouvé étendu et pâle dans les bois ce matin alors que je promenais le chien.

N/ Ce n’était pas mon tour de promener le chien théoriquement aujourd’hui en plus.

H/ Mon chien qui, d’ailleurs, commence à se faire vieux.

O/ Pourtant c’était bien lui qui avait flairé la présence du corps affalé.

E/ Je cours vers lui précipitamment pour le secourir.

P/ Il bégaye des mots, des phrases, sans sens apparent.

I/ Je lui fais un massage cardiaque et du bouche à bouche.

Q/ Entre deux hoquets, juste avant de mourir, il souffre péniblement: « … regrette d’avoir tiré sur Arthur… était ivre… l’absinthe… ». Puis, sa toute dernière phrase, dans un souffle :

B/ « J’arrive tout couvert encore de rosée. »

 

A/ Il avait deux trous rouges au côté droit.

J/ Ca avait l’air de faire mal.

F/ La chair était bien inflammée sur sa joue, même un peu purulente.

K/ Il était conscient et je l’ai interrogé là-dessus.

D/ Il s’était fait faire ça chez le punk qui tenait une boutique à coté.

L/ Il avait, du coup, trop bu.

G/ Il avait, me dit-il, passé une nuit blanche en regrettant d’avoir cédé à cette nouvelle mode.

M/ Il n’arrivait même pas à s’enivrer assez pour dormir et oublier la souffrance.

C/ Pour soulager la douleur qu’il endurait à cause de son nouveau piercing, je lui proposai de profiter de la fraîcheur du matin dans mon jardin.

N/ Il a accepté ma proposition et il a dormi toute la journée et presque toute la nuit.

H/ C’était vraiment tôt lorsqu’il est descendu de la chambre que je lui avais loué dans mon B&B.

O/ La nuit durant laquelle il a dormi chez moi, j’ai moi-même passé une nuit blanche à regarder de vieux films à la télé.

E/ Avant qu’il n’arrive, je m’étais roulé dans l’herbe pour mieux me réveiller.

P/ J’avais, à vrai dire, somnolé un peu devant le dernier film.

I/ Sourire aux lèvres, je lui lance une invitation.

Q/ Je lui ai demandé de faire le café pour nous, ce qu’il a accepté de faire pendant que je sortais dans le jardin pour cueillir des fraises pour notre premier petit déjeuner ensemble

B/ J’arrive tout couvert encore de rosée.

 

A – Il avait deux trous rouges au côté droit.

J – Nous avions marché pendant des heures pour en arriver là.

F – Pour José, c’était fini, il était bel et bien mort.

K – L’atmosphère était lourde

D – On sentait que quelque chose de terrible devait encore arriver.

L – Mais quoi ?

G – Je devais sauver ma peau  et je me mordais les doigts d’avoir eu l’idée de planter  notre tente d’amoureux ici, tu parles d’une lune de miel !

C – La lave bouillonnante s’en échappe en ce petit matin, et, affolée, me voilà dévalant les pentes de l’Etna

N – Tant pis pour José !

H – J’étais toujours la 1ère aux 1000 mètres dame ; ma profession allait enfin me servir.

0 – Le cratère grondait toujours

E – des  milliers de particules chaudes ou même brûlantes avaient fiat des petits trous noirs dans mes vêtements.

P – La surveillance aérienne heureusement avait été prévenue

I – Un hélicoptère entait de se poser sur une surface possible. Ce secouriste me vaporisa des pieds  à la tête à l’aide d’une bombe d’Evian.

Q – Tu vois, dit-il :

B - J’arrive tout couvert encore de rosée

 

A – Il avait deux trous rouges au côté droit.

J – Mon père adorait nous montrer ses blessures de guerre

F – Et moi qui ai des trous au côté gauche, avec lesquels je suis née, selon ma mère, mais que je crois avoir eu lors de notre premier séjour en camping en famille.

K – Nous avions  monté notre canadienne en pleine campagne et avions été attaqués à l’arme blanche par un médecin pris de folie.

D – Voilà ce qui arrive quand on fait du camping sauvage, me dis-je, écœurée.

L – Puis j’ai eu d’autres expériences de camping où les guêpes seules nous assaillaient surtout lorsque nous sortions le melon.

G – Et alors on ne s’était au moins pas fait attaquer comme quand je suis allée seule faire du camping en tipi.

M – Les petits producteurs locaux, en colère, avaient pris notre tente pour celle de l’adjoint au ministre de l’agriculture ; Papa était son bras droit, mais Papa ne partageait pas ses opinions.

C – Mon tipi avait été attaqué pendant la nuit pas des lanceurs de tomates

N – C’était d’excellentes tomates, bien meilleures que celles qu’on trouve au supermarché et le tireur, un jeune agriculteur, était vraiment sexy.

H – le matin, le tipi était trempé de jus de tomate qui traversait la toile.

O – Papa appela le ministère qui nous proposa une caravane à la place.

E – Pliant bagage aussitôt après avoir raclé la pulpe dégoulinante, je pars sur mon vélo.

P – J’ai de Papa lorsqu’il est en mission en province, la réunion avait lieu à la salle des fêtes du village ; ma robe était poisseuse.

I – Plus jamais du camping, pensais-je

Q – Mais je me ravisai ; Eric, l’agriculteur à la peau mate  et aux yeux bleus m’attendait au tournant ; je ne peux vous raconter ce qui se passa dans l’herbe humide ce matin.

B – J’arrive tout couvert encore de rosée.

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Publié dans Tireur à la ligne

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