Groupe de MB 15/07/2010
Lorsque je m’époumone au bord de la tamise
Et que, fort réchauffé, je plonge dans son eau,
J’offre une bouffée d’air à ma matière grise
Mon poumon se remplit ; ah mon Dieu que c’est beau !
Alors, ragaillardi, je me sens triomphant.
Penser, dorénavant, fait moins mal à mon crâne ;
C’est donc ce qu’à présent je ferai en nageant.
J’angoisse tellement d’être pris pour un âne…
La respiration fait circuler les ions :
L’être humain rafraîchi ne perd pas la raison.
Lorsqu’à l’aube je sens se glisser la marquise
Et qu’avec le soleil pénétrant à grande eau
Le lit de mornes nuits de ces chaleurs exquises
Et tangue, ébranle et crie ; elle en fait un bateau.
Alors c’est l’hallali de l’empire écrasant
De cent ans de sommeil qui assaillent mon crâne.
Je recouvre la vie, je me découvre amant
Ah ! Femme qu’il est bon de braire comme un âne !
A celui qui me dit que le silence est bon,
C’est que de la marquise, il n’a pas vu le con.
Lorsque j’ai un projet : réduire la banquise,
Et que j’ai sur mon dos l’énorme chalumeau,
Qui est des ours blancs, des pingouins, la hantise,
Qui n’ont plus que le temps, de se jeter à l’eau.
Alors foule surgit, munie de sarbacanes ;
Elle me traite de chien, elle crie : Rantanplan !
Les projectiles pleuvent, en ville on me trépane
Et je meurs en Mozart, sans trompettes ni ban.
Le peuple est trop aigri, pour honorer l’action
Des valeureux génies des grands de la nation.
Lorsque l’alexandrin j’écris la mine grise
Et que mon ambition réclame du nouveau,
J’oubli la pesanteur de la vie, ça me grise.
Mon poumon se remplit ; ah mon dieu que c’est beau !
Alors je vais à Bourges où se joue tous les ans
L’Oulipo thérapie où la grammaire se damne.
J’apprendrai j’apprendrai pendant plus de dix ans,
Le peuple est trop aigri, pour honorer l’action
Des valeureux génies des grands de la nation.
Lorsque j’entends Marcel qui parfois fait sa crise
Et que je me suspends à son torse si beau,
J’offre une bouffée d’air à ma matière grise,
Je dois bien avouer que je l’ai dans la peau.
Alors, rien que pour lui, je fais l’orang-outang,
Penser dorénavant fais moins mal à mon crâne ;
J’adore ce King Kong mon très viril Tarzan
Ah ! Femme qu’il est bon de braire comme un âne !
Gardez vous gentes dames de toute adulation
Garder cet animal ou perdre la raison !
Lorsque je pars au loin, que je fais ma valise
Et que je sais qu’en vain vous cherchez ce chapeau,
Je pense à tous ceux qui ont perdus leur chemise
Car vous ne pouvez pas l’assortir au manteau.
Alors le cœur me sert ; ah ! Souvenir d’antan.
Tel que Rimbaud avant sa fuite en caravane,
Je recouvre la vie je me découvre amant,
Arrêter je ne peux je vomis la tisane !
Londres me fait rêver, la tamise est un don
Partez loin vous aussi sans craindre l’abandon
Lorsque je veux chanter, faire des vocalises
Et que sous le balcon, toi tu trouves ça beau,
J’ai envie de crier, bien que tu applaudises,
Car enfin, je le sais, tu me mènes en bateau.
Alors sans avoir rien, que la force des ans
Je ferai des efforts, je ne ferai plus l’âne.
J’apprendrai, j’apprendrai, et au bout de dix ans,
Je saurai, mon amour, te chanter la sardane.
C’est un fait, c’est connu, toute composition
Réclame du chanteur grande préparation.
Lorsque je vais au bois, lorsque j’y herborise
Et que dans le réduit, herbes cuisent à l’eau,
Je concocte chez moi des potions pour Marquise.
Elle veut, Oh mon Dieu, supprimer son vieux beau.
Alors ma clientèle, prête à tout, patientant,
Attend dans le salon, déguste ma tisane,
Le secret préservé, dont je suis le garant,
Car je suis le meilleur sauveur de courtisane.
Gente dame, si voulez trucider un barbon,
Préférez champignons à fragile cordon.
Lorsque je partirai, chasser sur la banquise
Et que tu resteras, coincée là, au château ;
M’en irai, m’en irai, sans doute une bêtise
Et toi tu m’attendras, me feras un gâteau.
Alors ma douce amie, ton mari charlatan
Prétendra devenir un vrai businessman.
Comme dans l’Océan, navigue un vrai forban
Et toi, quoi qu’il te fasse, tu demeures, tu es fan.
Gardez-vous, gentes dames, de toute adulation,
Partez loin, vous aussi, sans craindre l’abandon.