Philippe

Publié le par Philippe

Une forme longue  (Plusieurs poèmes de longueurs quelconques -entre 1 et 196 vers- constituent mis bout à bout 14 sonnets -bien sûr de 14 vers- soit 196 vers rimant «à l’anglaise» : . . . A . . . B . . . A . . . B . . . C . . . D . . . C . . . D . . . E . . . F . . . E . . . F . . . G . . . G.
Les rimes des différents sonnets sont indépendantes.
Chaque vers fait "environ 12 pieds parlés".
Aucun des "poèmes de départ" ne doit s’arrêter sur le deuxième . . . G du couple de vers . . . G . . . G sauf le
dernier qui conclut le tout.



extrait, "promenade dans le marais"

... ... ...
Quand la ville te repousse, au marais tu reviens
On protège la nature dans ct’ in situ classé
Avec des haies qui bordent et qui barrent, chemins

Cabanes de prébendés, caravanes de ribauds,
Et des poireaux... comme dans les haïkus du Japon
Où l’on célèbre la transparence de l’eau
Celle qui coule là où tu cherch’ les poissons

Rivière poissonneuse ou poisseuse et pisseuse
Pêches doucement sucrées ou bien pêchers mortels
Pommes rires d’amour ou pommes ridées véreuses

Les orties poussent sur les barbelés des quat’ pelles
Vise un peu les parleuses amarrées sur le pont !
Alors tu pestes, «les jardiniers! le bruit qu’ils font !»

Tous ces jardiniers qu’aiment les tondeuses à pétrole
Les composteurs à merde, les déchiqueteuses de troncs
Toutes les machines à bruit qui couvrent tes paroles
T’aimerais les envoyer couper l’herbe tout au fond

Au fond de la rivière empoisonneuse et claire
Y pourront s’reposer ensuite sous un noyer
On jettera aux poissons du pain perdu tout vert.
Une cerise Cherry ? cul-d’-sac ? Plus chaud qu’hier ?

Les trois du pont arrivent, à fond, elles marchent au pas
Et il n’y a plus de bruit mais tout le pont qui tremble
Ca sent le mauvais plan, le plan genre Carpentras

Et y a l’chieur qui retond, pt’ êt’e plus loin il me semble
T’essaies de ne pas voir, les packs de bière au sol
Les saules qui ne pleurent pas, y s’en fichent, manque de bol

Ce qui est beau, c’est l’eau, c’est ton reflet dans l’eau
L’eau qui pointille impressionniste, et qui vacille
Qui t’offre la cathédrale avec un coquelicot
Et les oiseaux, partout chez eux, ceux qui babillent

Mais quelle réalité avec ces écriteaux
On défend la nature mais c’est «Défense d’entrer»
C’est écrit «Circulez !» sur cette porte là en gros
Envahie des raisins de la colère rentrée

Dernier regards, c’est beau les fleurs et les cagebuttes
Quand Raymond passe en mob, tout redevient poussière
C’est fini des canards qui barbotent près des huttes.

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... ... ...
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Publié dans Sonnet

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