Guy

Publié le par Guy

L’ENLÈVEMENT DE ROSE
(Tragédie classique)
 
Hector : Madame ! ... j’ai appris... la jeune lutécienne
Captive de Brutus... il l’épouse, ma Reine !
Joséphine : C’est vraiment monstrueux : il est fait pour moi !
Nector : Oui !
Mais pour votre malheur, il l’épouse, aujourd’hui
Se détournant de vous, il l’épouse, ici même !
Mais tout est préparé pour votre stratagème,
Pour que Rose ne puisse entraver vos desseins :
Une barque attendra, cachée près du bassin
Où vos gens déguisés l’emmèneront bientôt
Où je serai caché pour couler le bateau.
Et je serai le seul rescapé du naufrage,
Regagnant promptement le rivage à la nage...
Mais devant l’inflexible opposition du sort,
Faut-il toujours du sang ? Toujours chercher la mort !
Joséphine : Disons plutôt : il faut toujours chercher la mer
Hector : Cependant, de Brutus je crains fort la colère
Et je m’inclinerais pour un moyen plus doux
D’enlever la captive, évitant le courroux
Du brave Général, un moyen divergeant...
Joséphine : Mais non, pas comme ça, tout droit, plus doucement
Hector : Vous insistez, Madame, pour l’assassiner
Hélas ! Votre amour propre vous a dominée
Vos passions sont aveugles et votre honneur est loin... 
Joséphine : Je sais, c’est personnel, mais j’en ai bien besoin.
Hector : Mais, moi-même j’ai des passions et j’aime Rose
Joséphine : Rose !
Hector : Oui ! J’aime Rose ! Et chaque jour, morose, Je souffre de la voir injustement traquée...
Joséphine : [Que faire de ce sot ?]
Hector : je vais vous l’indiquer !
Ou bien je sors à droite et dis tout à Brutus
De vos plans et il vous haïra encor plus
Ou bien je sors à gauche et j’enlève la belle...
Pour moi le choix est simple... et le vôtre est cruel ! 
Joséphine : Mais alors, quelle gauche ? La vôtre ou bien la mienne ?
Hector : Nous ferons donc un pacte : il faut que l’on s’y tienne.
Je quitte le palais avec Rose, en secret.
Sans effusion de sang, vous serez libérée.
Donner un tour violent à l’histoire est un tort
Joséphine : Une histoire de Rome ! Il faudrait frapper fort.
Hector : Vos sentiments l’emportent et votre rancœur,
La jalousie brutale et l’infâme  égoïsme
Iront jusqu’à vous perdre de Brutus le cœur...
Vous jouez votre amant aux dés !…
Joséphine : Quel égoïsme ?
Cela paraît si simple vu de l’extérieur...
Hector : Madame ! Il ne faut pas renier votre honneur.
Vénus l’avait prédit ! Eros les a fléchés.
Rose est belle, il est fort... l’Amour les a touchés !
Vous aurez à choisir entre deux épilogues
Et nous pourrons ainsi mettre fin au dialogue.
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Publié dans Théâtre booléen

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