Cécile & Ande
La scène se passe dans une cuisine, un peu rustique, le genre agricole.
Un robinet est ouvert, de ce robinet coule un filet d’eau pétillante, d’eau de régime.
Wolfoni est assis, un verre à la main, Lagneau s’approche du robinet.
W : Tu sais ; petit, la raison du plus fort est toujours la meilleure! Tu vas voir!
L : J’aurais peut-être mieux fait de pas v’nir.
W : Et, dis, toi, quand monsieur Wolfoni boit son eau de régime, le p’tit jeune, y s’tient à distance. Mais moi, le p’tit jeune, je l’ soigne, j’vais lui faire une ordonnance et une sévère. Aux quat’ coins du pays qu’on va l’retrouver éparpillé par p’tits bouts façon puzzle. Moi, quand on en fait trop, j’correctionne plus : j’dynamite, j’disperse, j’ventile.
L : Oh la la ! Que monsieur Wolfoni ne s’mette pas en colère, mais considérez plutôt que je profite de l’occaz pour siffler un p’tit glass, que j’mets pas l’nez dans votre tasse.
W: Ta gueule ! Moi quand j’entends des conneries comme ça, c’est vraiment un truc à décimer une famille. D’ailleurs ton frérot a tenté de m’les briser menu, j’ l’ai rectifié. Et en plus, tu m’charries, c’est complet.
L : Mais, d’frérot, j’en ai pas !W : T’arranges, t’arranges ! Comme si on n’était pas d’accord ! Toi et toute ta famille, j’les civette, j’les bainmarise, j’les ragougnasse.L : Non mais ça va pas r’commencer ! J’vais pas encore endosser l’ massacre !
W : Ah ! mais y connaît pas Raoul, ce mec ! T’es sûr que tu t’es pas gouré de crèche ? Tu commences à me les briser menu !
Wolfoni le butte, puis le remise dans l’placard, sans autre forme de procès.