Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 10:18

 

 

Le jeune paysan Alexandre : Coraline 

Pierrette la femme de chambre : Agnès

La comtesse : Camille

Le comte : Armel 
Didascalies : Henri.

Acte 1.
La comtesse et Alexandre au lit. La femme de chambre entre.
La comtesse : - C’est interdit d’entrer si je ne t’ai pas sonné.
Alexandre: - L’est bonne, la comtesse…
Alexandre se lève, s’effondre sur une table qui tombe. Lui aussi.
Pierrette: - C’est un signe je crois, il est tout à fait rond.
La comtesse: - Ciel, le comte revient bientôtt…pfff… et Alexandre,
planquons le là. Elle indique sous le lit.
Pierrette: - Et comment ferons-nous pour nettoyer le porc ?
La comtesse: - Petite sotte, réglez ça.
On entend des bruits de pas.
Du bruit, vite, tirons le lit sur lui.
Pierrette: - Mais non, mais pas comme ça, plus droit, plus doucement
Elles tirent le lit au dessus de Alexandre qui grogne.

Acte 2.
Le comte entre.
Le comte : - Ma Douce. Il lui fait un baise-main.
Mais quelque chose a changé ici, le lit ?
La comtesse : - C’est que… sans vous mes nuits sont, euh…
Pierrette: - Blanches…
La comtesse: - C’est le mot que je cherchais, Pierrette n’est pas si sotte…
Le comte, ton indulgent : - Même les petites gens ont de grandes lumières.
Pierrette: - Le comte est bon.
De dessous le lit, la voix d’Alexandre : - Bien causé !

Acte 3.
Le comte: - Qui parle, il y a un homme de trop ici !
La comtesse : - Et si c’était un chien, si c’était l’écho, si c’était un fantôme…
Pierrette: - C’est sûr qu’avec des si !
Alexandre sort de dessous le lit, le comte s’avance menaçant:
- Et si c’était un fils, je suis votre fils, c’est moi, papa !
La comtesse : - Quelle ressemblance, c’est votre portrait tout craché.
Pierrette, au public : - C’est idiot.

Acte 4.
Le comte : Ce jeune paysan pourrait donc être …
La comtesse : - de la famille !!!
Le comte prend Alexandre dans ses bras, air attendri.
Le comte : - Pierrette, habille mon nouvel enfant selon son rang.
Pierrette: - Il faut s’en occuper, c’est un membre important.
Poussant Alexandre dehors, elle sort en faisant un clin d’œil à la comtesse.
Par les mille univers - Publié dans : Théâtre booléen
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Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 10:05



   Forer me rassemble. Le forage réunit le ver de terre et la spéléologue qui sont en moi. Il y a de longs moments de récupération ou je nettoie bottes et casque et ou je me récure pour enlever l’odeur, et des avancées lumineuses, lorsque, - crac, une nappe granitique cède et qu’en une microseconde ma tête foreuse gagne 30 mètres en traversant une cavité souterraine jusque là inaccessible.


Une bonne foreuse possède une connaissance approfondie des strates telluriques et des failles volcaniques. La première suppose de n’avoir pas décrocher pendant les cours de géographie, la seconde de savoir jauger un décrochement dans la lave en un bref coup d’œil.

Toute foreuse est une instinctive.

Attaquer un terrain,

même s’il a été scanné sous plusieurs angles, impose un sixième sens aiguisé.

Toute foreuse est une rêveuse.

Qui ne sait se projeter 13 mètres à

l’aplomb sous ses pieds

ne sera jamais qu’une pelleteuse

bonne toute au plus à

installer des canalisations pour chiottes.

Et encore...

 

 

 

 

 

 


Forer est un état d’esprit. Je fore à plein temps. Quand je dors, je fore, quand je mange, je fore. Je dirige la tête foreuse paupières baissées, les décibels hurlants de la pompe me bercent. J’ai foré les Pôles, le désert de Gobie et dernièrement la faille de San Francisco. J’ai foré au bac à sable et jusque dans mon salon. Je ne savais pas parler quand au square des Batignoles j’avais déjà fait un trou de 5 mètres avec une pelle en plastique et mon salon ressemble à une mine sicilienne à ciel ouvert. C’est affaire de tempérament.


    Tout compte dans le forage. Un jour, ce peut être la longueur de l’ongle de l’index. Vous avez oublié de vous limer les ongles la veille, car vous aviez raté l’avion qui vous ramenait du Koweït où vous avez nagé dans des mares de pétrole, votre ongle avait un millimètre de plus que d ‘habitude, épuisée vous n’avez rien vu, et vous avez appuyé sur le bouton avec une pression légèrement décentrée.
   La grande foreuse est un être bizarre dont il faut apprendre à se protéger. Il y a quelques foreuses qui attaquent la croute du noyau terrestre à l’heure où je vous parle, quand toutes les autres s’avachissent horizontales sur des matelas gonflables. Il faut le savoir.

   Bien sur, il y a eu de grandes foreuses avant moi. Perséphone, Lady Dynamite, et Calamity Jane dans sa jeunesse dit-on. Pour elles, chaque forage est unique. Il y a aussi des foreuses qui vous font honte. La foreuse chinoise trouant à la chaine. La foreuse polonaise cassant mieux les prix que les roches ignifugées. Et je ne dirai rien sur la foreuse chilienne usant des fraises made in Corée qui dézinguent même les engrenages en acier allemand.
   Parfois, les sous sous-sols s’en mêlent. L’orgueil est le pire ennemi. Je me souviens d’un forage patagonien où je me réjouissais déjà de battre mon record de profondeur, quand ma double tête de foreuse de type Saturne dérapa sur une couche de grès noir fossilisé, grès dont j’avais minimisé la résistance, incapable de réagir, intérieurement j’étais en bouillie, extérieurement fossilisée, incapable – ce qui est encore pire- de retrouver dans le fond une quelconque étincelle pour ma prochaine exploration verticale.

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Par les mille univers - Publié dans : Autoportrait
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Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 09:59


    Plonger en sous-marin me rassemble. La plongée dans les grands fonds réunit le poulpe et le fil à plomb qui sont en moi. Il y a d'immenses moments d'inactions où les chaussettes moisies s'entassent pendant que les chiottes refluent, et des fulgurances où le tip tip du sonar surgit et l'adrénaline inonde mes veines.

Je suis parée.

    Une bonne sous-marinière possède une connaissance profonde des abysses et des miaulements des cétacés. La première suppose une complicité avec les cartographes, la seconde d'utiliser régulièrement des cotons tige. Chaque faille océane a sa tectonique, chaque baleine blanche émet un hululement singulier.Toute sous-marinière est une instinctive. S'immerger à une inclinaison de 24 degré dans l'effervescence d'une purge des ballasts exige que l'instinct remplace l'équilibre. Toute sous-marinière est une rêveuse. Qui ne sait se fondre dans le Golf Stream ne sera jamais qu'une porteuse de pompon qui a perdu de l'altitude.

    S'immerger est un état d'esprit. Je suis en immersion à temps plein. Quand je dors je m'immerge, quand je mange ma soupe je m'immerge. J'incline la barre par réflexe. J'ai raclé les fonds du Pacifique et aussi ceux de l'Antarctique. Je suis en immersion dans mon lavabo et aussi à la piscine. On me trouve toujours au fond de la pataugeoire. C'est affaire de tempérament. Tout compte dans l'immersion d'un sous-marin. Un soir c'est le périscope. Le coucher de soleil est époustouflant, vous avez jeté un dernier cil dans le périscope avant de le faire descendre un poil trop tard, alors que le commandant venait de dire :-Paré à plonger, que la commandante en second en second disait :-Paré à plonger et que le chef mécano allait dire:- Paré à plonger, et le périscope, resté bloqué à l'extérieur, se déforme un chouïa sous la pression.

    La sous-marinière est un être qui cache son jeu, dont il faut apprendre à se méfier. Il y en a quelques unes dissimulées dans les failles des abysses, prêtes à appuyer sur le bouton rouge quand d'autres respirent l'air confiné saturé en vapeur d’acide à plein poumon. Il faut le savoir.

    Bien sur il y a eu de grandes sous-marinièr-e-s avant moi, Cérès, Capitaine Némo, Margygr, KK Otto Kretchmeer. Pour eux chaque plongée est unique. Il y a aussi des sous mariniers qui vous font ricaner. Le sous marinier suisse qui n'a jamais vu la mer. L'une patrouille dans le lac Léman, l'autre sous la mer de glace. Et Tintin...
Parfois les éléments se déchainent. Mal vissé, le boulon est le pire ennemi. Je me souviens d'une immersion sous un Pôle avec un boulon vrillé, ploc, ploc, ploc, soixante treize heures de mollets dans l'eau glacée, les parois grinçaient, trois jours qui m'ont laissé le trouillomètre à zéro, incapable de me dépaniquer, incapable – ce qui est encore pire, d'avoir envie de respirer à nouveau une goulée d’air libre.

 

Par les mille univers - Publié dans : Autoportrait
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Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 12:27

Begorus  (Bègue Ô russe ?)

 

Beau (?) présent à la ville de Bourges


Ebre ou sub-Eure ?  Eros ou Égée ?
Gosse se goure, bosse ses erreurs
Rouge-Gorge use gerbe, orge gobé
Ose beurre, ruse. . . Bourges se bouge
Ô bus, urge obus, sous roue se rue
Sueur ! Gus égorge gros berger bègue
Grue rosse où éboueur brosse ses bouses
Or, Os ! Rousse ogresse se goberge
Robe bure, Rébus. . . Bourges se bouge
Bougre ! Sobre buse sus grosse ourse russe
Gruge bourse, bourrée... use gouge
Essore guère ses gousses boueuses
Gré ! orbes ou orgues. . . Bourges se bouge !

 


Par Philippe d'Anfray - Publié dans : Beau présent
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Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 10:35

Morale élémentaire illustrée

 

(épuisement rapide...)

 

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  Place Gordaine  
     
Poussette simple Enfant grincheux Poussette double
  Pousseur poussif  
     
Chien chic Chien chiot Chien chien
  Chien chiant  
     
 Train-train Voiture décalottée 4x4 pressé
  Voiture radio  
     
  Soldes.  
  Gosses en solde.  
  Moyen Âge  
  en solde.  
  Aux terrasses  
  c'est écrit  
  soldes  
     
Passant simple Passant canin Passant passif
  Gordaine épuisante  

 

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Par Philippe d'Anfray - Publié dans : Morale élémentaire
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 22:46

 

Incomplétudes

(histoire vécue...)

 
     

 

   

Monaco, Nom de Dieu!

Coca-light, bordel 1/2
  ......  
     
...... Diabolo-menthe, Nom de d'là ......
  ......  
     
...... ...... Déca normal
  ......  
     
  Et puis  
  de  
  l'Affligem  
  comme  
  s'il  
  en  
  pleuvait  
     
Chemise ensuquée ...... Boîte cassée
  Sucrettes renversées  
Par Philippe d'Anfray - Publié dans : Morale élémentaire
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 22:43

Stage fantaisiste

 

Tentative d’épuisement d’un stagiaire volubile
Quinine pour stagiaire migraineux
Conte pourri pour stagiaire infantile
Textée pour stagiaire anglais à 17h
Haïku pour stagiaire violée
Alexandrin pour stagiaire amoureuse sous perfusion
Terine pour stagiaire gourmand
Morale élémentaire pour stagiaire dissipée
Monostique paysagé pour stagiaire aux lèvres gercées
Conte glacé pour stagiaire échaudé et peureux.

 

Par Marie-Claude Tétard
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 22:36

Encore des contes express...

 

(ou les deux sirènes)

 

 

 

Il advint que dans le Grand Nord,
un renne tomba fou amoureux d’une sirène ! ! !
Qui vivait au fond de l’océan bien sûr !
Aussi, ne pouvant jamais la voir,
devint - il triste, apathique et morose,
ne se nourrissant plus que de quelques rares feuilles
de cornouillers ça et là.
Alors son voisin le caribou, pour lui faire plaisir,
lui prépara un matin de bons pancakes au sirop d’érable,
et lui demanda :
« L’appétit te sied, renne ? »

 

 

 

Un Prince vivait en paix avec la Reine sa femme
et leur fille unique, la Princesse,
au fond des océans lointains.
La Reine dirigeait le pays, et le prince. . .
n’était que son époux.
Cependant un souci les rongeait, la succession royale,
car une prédiction faite par une fée maléfique
à la naissance de la princesse leur faisait craindre le pire
pour la vie de cette dernière. Elle risquait en effet
« l’âpre otite si reine »
et en mourrait certainement !

 

 

Par Marie-Claude Tétard - Publié dans : Contes express
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 22:30

6 contes express (et approximatifs)

 

 

Comme elle était un peu simplette
Ses parents l ’envoyaient
Dans la montagne garder
Leur chèvre et les chevreaux
Une nuit, pour couvrir les cris
Des loups qui rodaient alentours
Elle décide d’organiser
Un concert d’insectes :
La mièvre hèle les criquets

 

 

 

Jack et Harry tenaient ensemble
un commerce de haricots
qui se vendaient très bien.
On murmurait même en ville
qu’ils étaient un peu magiques.
Mais un jour Harry partit
. . . avec la caisse. Ah ! la vache
Jack hait Harry co-gérant

 

 

 

Le Cardinal amoureux
Veut éveiller les sens
De la belle princesse.
Il s’incline, lui baise la main
Pendant que jouent en coeur
Tous les hautbois du château.
Mais rien n’y fait,
Elle s’endort en écoutant
La belle aubade d’Armand

 

 

 

Chappe a enfin mis au point son télégraphe
Le jour de l’inauguration tout se passe bien
. . . pas de loup, pas de carton rouge,
sa grand mère le félicite et ses amis aussi !
C’est la fête, mais il boit un peu trop. . .
Le petit Chappe erre rond dans l’bouge

 

 

 

C’était l’hiver, Atilla poursuivait
La jeune fille qui emportait
Avec ses petits frères
Des pommes et des quenouilles
Au village voisin
Dans la tempête, il faillit les rattraper. . .
Mais s’enfonça dans les flocons
Ils n’avaient plus rien à craindre :
Pendant qu’ils progressaient
Blèche neige gelait cet hun

 

 

 

Les sept frères produisaient des petits cailloux blancs
parfaitements polis selon un procédé jalousement tenu secret.
Mais le plus jeune, un jour, vendit la mêche pour quelques pièces
à un pauvre bucheron qui voulait changer de métier.
« Tu nous a trahis par cupidité » lui dirent ses frères,
« Il ne t’a pas donné grand chose mais. . . » soupirèrent-ils
« Le peu t’y poussait »

Par Philippe d'Anfray - Publié dans : Contes express
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 22:19

Des poèmes voilés

 

(à la manière de F. Caradec)


 

Les espagnoles boivent des Martini à Nantes
Mais dans la Manche on voit plutôt des Rossi. . .

 

 

En ville ici les gens ronchons
C’est pas le genre du Berry. . .

 

 

J’ai le coeur coupé en deux ma soeur
Je l’aime lui et le professe. . .

 

 

À paris pour bien laver
                les habits du sacristain
Il faut faire la lessive
                à l’église Saint Marc. . .

 

Par Philippe d'Anfray - Publié dans : Poèmes voilés
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